| étape | distance (km) | dénivellation (m) |
|---|---|---|
| Lignières - Meien | 189 | 2330 |
| Meien - Ronco | 86 | 2640 |
| Ronco - Unterehrendingen | 149 | 1320 |
| Unterehrendingen - Lignières | 133 | 780 |
| total | 557 | 6960 |



Pour ce tour 1992, je suis parti de chez mes parents, qui sont agriculteurs
près de Lignières (canton de Neuchâtel). Je me suis mis en route
tôt en descendant d'abord sur Le Landeron pour passer entre les lacs de
Neuchâtel et de Bienne. La route était plutôt plate jusqu'à
Laupen. Comme je préférais éviter la ville de Berne, j'ai
dû grimper de plus de 400m avant de pouvoir redescendre sur Thoune. Mais au
moins le paysage était beau et les routes excellentes pour la pratique du
vélo.
Le voyage continuait le long des lacs de Thoune puis de Brienz. Là, plus de
petites routes calmes, seulement la route principale. Mais c'était tout de
même un beau parcours. A peu près plat, comme il se doit le long de lacs.
Vers midi j'arrivais à Brienz où le bord du lac m'attendait pour une pause. Du
pain et de la limonade m'ont permis de refaire le plein.
Jusqu'à Meiringen, la route était encore plate. Mais entre Innertkirchen
et Meiringen, la vallée de l'Aar passe par d'étroites gorges. Il y a un
sentier le long de ces gorges, très bien pour la promenade mais pas du tout
pour rouler en vélo de course. Il fallait donc contourner les gorges de l'Aar
par la route sur une colline. En arrivant à Innertkirchen, j'étais au
pied des deux cols du Grimsel et du Susten.
Et là j'attaquai donc le Susten. La montée du col est en soi un effort
respectable. Pour moi, à la fin d'une longue étape, c'était
même un peu trop. A court d'énergie, j'ai vraiment souffert dans le
dernier tiers. La pire ascension que je n'ai jamais faite. Ce n'est pas que j'aie
oublié de manger en roulant, ni de boire (plus de 10 litres ce jour-là),
alors quel était le problème? Je manquais certainement
d'entraînement de vraie endurance et mes muscles n'étaient pas
préparés à stocker assez de glycogène. A dire vrai, c'est
un petit surplus de matière grasse qui remplaçait le glycogène
manquant. Dure mais bonne leçon.
Deux ans plus tôt, il y avait eu un gros glissement de terrain sur l'autre
versant du Susten. La route était encore en reconstruction et le trafic
était dévié par une route étroite, raide et très
tournante. La descente n'était pas possible sans freiner souvent, si bien que
les jantes de mes roues sont devenues trop chaudes. A l'arrière, la colle a
commencé à fondre, le boyau a tourné et arraché la valve.
Et c'était le célèbre vilain petit sifflement. Si je n'ai pas
perdu mon calme, c'est peut-être parce que j'étais trop fatigué.
Après avoir remplacé le boyau, j'ai continué la descente vers
Meien. J'y ai passé la nuit dans un petit hôtel tout
simple.
| distance (km) | altitude (m) | dénivellation (m) | |
|---|---|---|---|
| Les Prés / Lignières | 0 | 920 | |
| Le Landeron | 8 | 430 | - |
| Ins | 16 | 480 | 50 |
| Kerzers | 24 | 440 | - |
| Kriechenwil | 34 | 540 | 100 |
| Laupen | 37 | 490 | - |
| Muhlern | 63 | 910 | 420 |
| Thun | 86 | 560 | - |
| Brienz | 121 | 570 | 10 |
| Meiringen | 142 | 600 | 30 |
| Lammi | 144 | 710 | 110 |
| Innertkirchen | 147 | 620 | - |
| Gadmen | 158 | 1200 | 580 |
| Susten | 174 | 2230 | 1030 |
| Meien | 189 | 1310 | - |
| total | 189 | 2330 |

Après les difficultés de la veille au Susten, je craignais un peu cette
deuxième étape. Au moins le début était facile: descente
jusqu'à Wassen. Mais ensuite venait la montée des Schöllen,
déjà connue depuis l'année précédente. Cette fois-
ci, je devais prendre à droite en atteignant Andermatt, suivant le val
d'Urseren en direction de Realp. C'est à partir de là que la route monte
vers le col de la Furka. Je ne montais pas vite, essayant surtout d'économiser
mes forces en prévision du second col prévu pour cette
journée.
Je passai par le hameau de Tiefenbach, mais sans avoir aucune idée de ce qui
s'y passerait quelques années plus tard: une sérieuse chute. Mais la montée est normalement moins
dangereuse et le col fut atteint sans problème. Dans la descente, je fis une
courte halte pour admirer le glacier du Rhône. L'Hôtel
Belvédère est le point de vue préféré des
touristes. Comme il était environ midi, le trafic était assez intense.
C'est pour cela qu'il est toujours mieux, si possible, de passer un col assez
tôt dans la journée: les touristes en voiture ou en %!&$#!+mobilhome
sont généralement paresseux et ne se mettent pas en route tôt.
On peut aussi voir la route du Grimsel en descendant sur Gletsch, le village où les
deux routes se rejoignent. De là, la route descend encore avant d'atteindre une
partie plus plate de la vallée de Conches (Goms en allemand). Mais, depuis
Ulrichen, mon chemin remontait vers la gauche en direction du Nufenen (qui s'appelle
Novena depuis l'autre côté, italophone). Encore fallait-il remplir les
bidons à la fontaine du village. Ensuite, ici aussi, je pris mon temps pour
monter. Il s'était passé quelque chose ce jour-là sur la route du
Nufenen. Je ne sais pas si le conducteur d'une camionnette avait fait trop usage de ce
qu'il transportait, mais en tous cas il était sorti de la route et avait
dévalé le pâturage en contrebas. Une partie du chargement
était brisée, mais pas tout: des bouteilles de vin.
Le col est le plus haut situé entièrement en Suisse (et ayant une route
asphaltée). J'achetai mon autocollant traditionnel en y arrivant. La descente
était belle. Je m'arrêtai en route à Ronco, dans le val
Bedretto.
| distance (km) | altitude (m) | dénivellation (m) | |
|---|---|---|---|
| Meien | 0 | 1310 | |
| Wassen | 6 | 920 | - |
| Andermatt | 17 | 1450 | 530 |
| Hospental | 20 | 1450 | - |
| Realp | 25 | 1540 | 90 |
| Furka | 38 | 2430 | 890 |
| Gletsch | 48 | 1760 | - |
| Oberwald | 55 | 1390 | - |
| Ulrichen | 59 | 1350 | - |
| Nufenen | 73 | 2480 | 1130 |
| Ronco | 86 | 1540 | - |
| total | 86 | 2640 |

Le premier problème du troisième jour était d'obtenir le
déjeuner (c'est à dire, pour nos amis français, le p'tit
déj'). Le personnel de l'hôtel avait apparemment des problèmes
à se lever...
En dessous de Ronco, le val Bedretto n'a plus beaucoup de pente. En peu de temps,
j'étais à Airolo. S'y trouvent les portails sud des tunnels du Gottard,
le tunnel ferroviaire aussi bien que le tunnel routier, d'importants passages à
travers les Alpes. Airolo est aussi au pied de la route du col. Il y a en fait deux
routes qui montent au col du Saint-Gottard: l'ancienne, pavée, et la nouvelle,
qui est une semi-autoroute (interdite aux vélos) dans sa partie
inférieure. J'ai choisi de rester sur l'ancienne route (la "Tremola") aussi
dans la partie supérieure, là où la nouvelle route serait
autorisée. Les pavés sesesesecouaient beaucoup, mais il n'y avait aucun
trafic dans les étroits lacets. Pour descendre, en revanche, je ne
recommanderais pas cette ancienne route, surtout pas avec un vélo de
course.
Après une longue descente, je suis arrivé dans la plaine puis au Lac des
4 Cantons. Mais, cette année, la route le long du lac (l'Axenstrasse)
était fermée. En effet, de grandes masses de rochers menaçaient
de se détacher et de s'écraser sur la route. De l'autre
côté du lac, je ne pouvais pas non plus passer puisqu'il n'y a qu'une
autoroute dans un très long tunnel. J'ai donc pris le bateau de Sisikon
à Weggis.
En me remettant en selle, j'ai pris la direction du nord. Le reste de l'étape
était entièrement en plaine. Il n'y avait que quelques collines. Mais du
genre à vous épuiser lentement sans la récompense d'une vraie
montagne ou d'un vrai col. Je suis finalement arrivé à Unterehrendingen
(bon exercice de prononciation si vous apprenez l'allemand). Des amis habitent
là, Lucia et Jean-Luc. Ils ont deux enfants, un fils (Raphaël) et une
fille (Nicole), et je suis le parrain de Raphaël. J'étais heureux de les
revoir
Après m'être rafraîchi un peu, j'ai entendu les informations
à la radio: de très gros orages avaient éclaté sur toute
la région de Lucerne. Je les avais évités de justesse.
Heureusement que j'étais assez tôt!
| distance (km) | altitude (m) | dénivellation (m) | |
|---|---|---|---|
| Ronco | 0 | 1540 | |
| Airolo | 10 | 1140 | - |
| Gottardo | 24 | 2110 | 970 |
| Hospental | 33 | 1450 | - |
| Andermatt | 36 | 1450 | - |
| Wassen | 47 | 920 | - |
| Amsteg | 57 | 520 | - |
| Sisikon | 80 | 440 | - |
| >>> Weggis | 80 | 440 | - |
| Greppen | 83 | 510 | 70 |
| Küssnacht a.R. | 87 | 440 | - |
| Meierskappel | 93 | 500 | 60 |
| Rotkreuz | 96 | 430 | - |
| Hünenberg | 101 | 460 | 30 |
| Maschwanden | 110 | 400 | - |
| Oberlunkhofen | 121 | 420 | 20 |
| Bremgarten | 127 | 380 | - |
| Künten | 132 | 430 | 50 |
| Baden | 144 | 380 | - |
| Höhtal | 147 | 500 | 120 |
| Unterehrendingen | 149 | 440 | - |
| total | 149 | 1320 |

Je n'ai pas beaucoup à raconter sur la dernière étape. Il
s'agissait en fait de rentrer le long du pied du Jura. Il faisait un peu frais et j'ai
eu un peu de pluie. C'est la dernière partie qui était la plus
intéressante, aussi bien pour le paysage (le Lac de Bienne, le Jura) que pour
la dernière grimpette du tour, de Douane au Plateau de Diesse. Cela doit
rappeler quelque chose à ceux qui ont lu "Le juge et son bourreau" de
Dürenmatt ("Der Richter und sein Henker" dans la version originale). Mais la
route n'est plus la même que celle prise par le personnage du roman: la route
actuelle est de l'autre côté du ruisseau.
Ce tour 1992 se terminait par le retour à Lignières. Le voyage n'avait
pas été long mais tout de même assez dur. La prochaine fois, pour
avoir plus de plaisir à rouler, il faudrait que je m'entraîne un peu
mieux avant!
| distance (km) | altitude (m) | dénivellation (m) | |
|---|---|---|---|
| Unterehrendingen | 0 | 440 | |
| Hertenstein | 4 | 480 | 40 |
| Turgi | 11 | 340 | - |
| Windisch | 15 | 360 | 20 |
| Brugg | 17 | 340 | - |
| Olten | 49 | 400 | 60 |
| Oberbuchsiten | 62 | 460 | 60 |
| Oensingen | 66 | 450 | - |
| Attiswil | 75 | 470 | 20 |
| Solothurn | 83 | 430 | - |
| Selzach | 90 | 450 | 20 |
| Bienne | 109 | 430 | - |
| Douane | 117 | 430 | - |
| Lamboing | 122 | 830 | 400 |
| Nods | 127 | 890 | 60 |
| route des Prés | 130 | 820 | - |
| Les Prés / Lignières | 133 | 920 | 100 |
| total | 133 | 780 |
PS / 4.12.1996