| étape | distance (km) | dénivellation (m) |
|---|---|---|
| Lignières - Oyonnax | 185 | 1940 |
| Oyonnax - Plans d'Hotonnes | 138 | 2680 |
| Plans d'Hotonnes - Granier | 139 | 3040 |
| Granier - Chapelle-en-Vercors | 172 | 3310 |
| Chapelle-en-Vercors - Grenoble | 71 | 910 |
| total | 705 | 11880 |



Juste comme il le fallait, les prévisions météo étaient bonnes pour au moins 3 jours depuis ce lundi matin. J'étais à Lignières depuis la veille et j'ai encore pris le petit déjeuner avec mes parents et mon frère Alain avant d'entamer le tour de cette année. J'ai d'abord pris la direction de Neuchâtel puis celle du Val de Travers. Je suis monté jusqu'aux Champs Berthoud, juste avant les Verrières et la frontière avec la France. Le temps était couvert, la température idéale et il y avait peu de trafic: tout était parfait. Ce n'est que sur la route principale au sud de Pontarlier que j'ai rencontré de nombreuses voitures et des camions, mais je pouvais déjà bientôt quitter cet axe et prendre à droite vers le lac de St-Point. La région que je traversais était assez touristique, surtout le long du lac, mais aussi ensuite le long du haut Doubs. J'ai passé à Mouthe, la source du Doubs, vers midi et j'ai continué vers le sud-ouest, passant du département du Doubs à celui du Jura juste après Châtelblanc. J'ai ensuite bifurqué vers le col de la Savine, qui ne présentait aucun intérêt particulier sinon de m'amener à Morbier, ville célèbre pour ses horloges du même nom. Je suis resté sur la droite de la vallée de la Bienne et suis monté en direction de Château-des-Prés avant de reprendre la direction du sud et de descendre vers St-Claude. Cette ville est entièrement bâtie sur les pentes de plusieurs vallées se joignant là. J'ai pris un verre et mangé un sandwich sur une terrasse où j'ai échangé quelques mots avec un cycliste bâlois qui faisait un tour de deux jours. Mais quitter St-Claude n'a pas été facile, le trafic étant dirigé de manière assez spéciale; mais au moins je n'ai pas eu à trop monter et descendre avant de finalement trouver la sortie menant au col de la Serra. La montée de ce dernier a été assez dure, pas tellement à cause de la pente que de la chaleur. Du col, j'ai dû descendre jusque dans la vallée pour trouver un hôtel.
| distance (km) | altitude (m) | dénivellation (m) | |
|---|---|---|---|
| Les Prés s/ Lignières | 0 | 920 | |
| Les Gravereules | 1 | 950 | 30 |
| St-Blaise | 10 | 430 | - |
| Peseux | 18 | 540 | 110 |
| Brot-Dessous | 30 | 860 | 320 |
| Noiraigue | 33 | 730 | - |
| Champs Berthoud | 53 | 940 | 210 |
| Le Frambourg | 63 | 860 | - |
| Chaon | 67 | 950 | 90 |
| Granges-Ste-Marie | 75 | 850 | - |
| Châtelblanc | 97 | 1010 | 160 |
| Faucine-le-Bas | 104 | 800 | - |
| Le Voisinal | 108 | 950 | 150 |
| Les Martins | 112 | 860 | - |
| La Savine | 115 | 990 | 130 |
| Morbier | 118 | 850 | - |
| Tancua | 121 | 900 | 50 |
| Les Mouillés | 125 | 850 | - |
| Château-des-Prés | 130 | 940 | 90 |
| St-Claude | 152 | 430 | - |
| La Serra | 166 | 1030 | 600 |
| Oyonnax | 185 | 530 | - |
| total | 185 | 1940 |

Le temps était beau quand j'ai quitté Oyonnax pour cette seconde étape. En partant vers le sud-ouest, j'avais deux petites crêtes à traverser avant une descente raide du col du Berthiand vers Cerdon, dans une vallée avec des vignes. Ensuite, sans logique apparente, j'ai passé plusieurs cols et traversé ou longé plusieurs vallées de cette région du Bugey. Les cols de Montratier, du Cendrier, de Pisseloup, du Cruchon, de La Berche et de La Lèbe n'étaient pas bien hauts et la plupart sur des routes départementales et dans la forêt. L'ombre des arbres était de plus en plus appréciable car la température grimpait. Dans les vallées, la principale activité était l'agriculture. Bien des maisons étaient à l'abandon, montrant le mauvais état de l'économie régionale. Pour les cyclistes, il est décevant de trouver seulement des fontaines sèches ou à l'eau déclarée non potable. Et il n'y avait pas de magasins ou boulangeries sauf dans les grandes localités. Après deux traversées de la même crête (cols de la Rochette et de Cuvillat), j'espérais trouver un hôtel à L'Abergement. Il y en avait eu un de chaque côté de la rivière, mais ils étaient maintenant fermés. Des gens à qui j'ai demandé m'ont conseillé de monter à un petite station touristique sur le flanc de la vallée. À cause de la chaleur et de la soif, je n'ai pas vraiment apprécié ce supplément. En arrivant aux Plans d'Hotonnes, j'ai dû m'adresser à quatre endroits différents avant de trouver un endroit où dormir. Mais au moins c'était un très sympathique petit gîte, dans un endroit beau et calme. Comme la plupart du temps en France, le souper, pardon le dîner y était délicieux et copieux (même pour un cycliste).
| distance (km) | altitude (m) | dénivellation (m) | |
|---|---|---|---|
| Oyonnax | 0 | 530 | |
| Ijean | 11 | 710 | 180 |
| Izernore | 15 | 480 | - |
| Berthiand | 24 | 800 | 320 |
| Cerdon | 38 | 300 | - |
| Montratier | 44 | 500 | 200 |
| Le Cendrier | 52 | 790 | 290 |
| Brouillat | 58 | 650 | - |
| Lantenay | 60 | 730 | 80 |
| Outriaz | 62 | 700 | - |
| Pisseloup | 66 | 970 | 270 |
| Corcelles | 67 | 850 | - |
| Le Cruchon | 69 | 900 | 50 |
| La Berche | 74 | 860 | - |
| Hauteville | 78 | 780 | - |
| La Lèbe | 87 | 910 | 130 |
| Sutrieu | 96 | 610 | - |
| La Rochette | 108 | 1110 | 500 |
| Champdor | 118 | 790 | - |
| Cuvillat | 122 | 1070 | 280 |
| L'Abergement | 127 | 730 | - |
| Les Plans d'Hotonnes | 138 | 1110 | 380 |
| total | 138 | 2680 |

Après une belle descente dans le Val Romey, j'ai tourné à gauche et suis monté vers le col de la Biche. La montée était assez longue mais agréable, tout à l'ombre le matin et pratiquement sans trafic. Peu après le col, j'ai quitté la route pour prendre un sentier puis un chemin de gravier. Ce raccourci m'a permis de gravir le Grand Colombier sans avoir à redescendre dans la vallée, mais cela faisait 3 km de cyclocross! Le Grand Colombier est le dernier sommet du Jura et le Rhône est à son pied sud. Il y a quatre routes pour monter au col, qui est tout près du sommet. Toutes ont des pentes irrégulières avec des parties très raides. J'étais content qu'il ne fasse pas encore trop chaud et le col m'a récompensé avec une superbe vue panoramique... et par une belle et longue descente vers Culoz. Plus je descendais, plus la température montait. Il était midi quand je suis arrivé à Culoz, au pied des plus basses falaises du Grand Colombier. J'ai acheté à boire et à manger puis j'ai traversé le Rhône et j'ai roulé plein sud. Après environ 20 km, la route quittait le fleuve et montait gentiment vers Novalaise. Mais, avant d'arriver là, j'ai encore fait un petit détour par le col de la Crusille. J'ai dû mendier de l'eau parce qu'il n'y en avait de nouveau pas de potable aux fontaines. Après une courte descente, je me trouvais au pied du col de l'Épine, qui m'a mené jusqu'à Chambéry sans difficultés particulières. À Chambéry, il faisait très chaud. Dans les premières pentes du Granier, j'ai dû m'arrêter pour encore mendier de l'eau. Il y avait plusieurs autres cyclistes qui montaient au Granier, tous à l'évidence moins fatigués parce qu'avec moins de kilomètres dans les jambes. Après le col, je me suis arrêté au premier gîte que j'ai trouvé. C'était à la petite station du Granier. J'étais heureux de pouvoir de nouveau rester en montagne pour la nuit: air frais et calme assurés.
| distance (km) | altitude (m) | dénivellation (m) | |
|---|---|---|---|
| Les Plans d'Hotonnes | 0 | 1110 | |
| Passin | 16 | 560 | - |
| La Biche | 27 | 1330 | 770 |
| Forêt d'Arvière | 33 | 1020 | - |
| Grand Colombier | 39 | 1500 | 480 |
| Culoz | 57 | 230 | - |
| Yenne | 78 | 250 | 20 |
| Le Vivier | 94 | 620 | 370 |
| La Crusille | 95 | 570 | - |
| Novalaise | 99 | 430 | - |
| L'Épine | 107 | 990 | 560 |
| Chambéry | 120 | 290 | - |
| Le Granier | 137 | 1130 | 840 |
| Granier station | 139 | 1000 | - |
| total | 139 | 3040 |

La quatrième étape commençait par une descente dans la vallée d'Entremont, mais
j'ai bientôt obliqué à droite pour passer deux petits cols
(la Cluse et
les Égaux) avec un petit village très
pittoresque entre deux, Corbel. Ici aussi, il n'y avait que fort peu de trafic et
je pouvais être tout à mon plaisir de rouler. Plus loin, sur la route principale
des Échelles, il y avait plus de voiture, mais j'étais en descente et vite en bas.
Le nom du col suivant n'était pas significatif: pour passer les
Mille Martyrs, je n'ai pas eu à souffrir mille
martyrs car la montée était facile. Et ensuite j'avais une longue descente vers
St-Nicolas-de-Macherin et finalement dans la vallée de l'Isère. J'ai alors en
partie dû prendre la route nationale, mais j'ai aussi pu prendre de petites routes.
Comme après Tullins, à travers les vergers de noyers.
Pour terminer ce tronçon plutôt plat, je suis entré dans le massif du Vercors.
D'abord, je me demandais où pouvait passer la route du col de
Romeyère car je ne voyais qu'une grande barrière
rocheuse. Après environ la moitié de la montée, dans les forêts, j'ai compris: la
route était taillée à même le rocher avant de déboucher sur une haute vallée. Il y
avait une stèle commémorant des combats entre des résistants et des troupes
allemandes pendant la seconde guerre mondiale. Tout le Vercors est parsemé de tels
souvenirs. Le reste était en pente douce, entre forêts et pâturages. Dans la
descente, j'ai pris à droite juste avant le village de Rencurel, vers le petit col
de Prélétang. Ce n'était pas seulement pour
ajouter un col à ma collection mais aussi pour éviter la route des gorges de la
Bourne, qui était fermée pour cause d'éboulements. Mais, par Prélétang, la route
était en mauvais état. Cela allait mieux après Presles, la route descendant par des
falaises vers Pont-en-Royans. Je me suis arrêté pour manger un sandwich dans cette
ville dont les maisons sont bâties directement sur les rochers sur les rives de la
Bourne. J'ai continué vers St-Jean puis j'ai attaqué la dernière montée du jour,
vers les cols de Gaudissart et de
l'Écharasson. Il était près de 6 heures quand
je suis arrivé en haut, mais j'ai encore dû passer un petit col en très faible
pente (Carri) pour arriver à la
Chapelle-en-Vercors. Je n'ai eu aucune peine à trouver un hôtel dans ce joli bourg.
| distance (km) | altitude (m) | dénivellation (m) | |
|---|---|---|---|
| Granier station | 0 | 1000 | |
| Entremont-le-Vieux | 3 | 810 | - |
| La Cluse | 8 | 1170 | 360 |
| Corbel | 14 | 840 | - |
| Les Égaux | 17 | 960 | 120 |
| Couz | 22 | 630 | - |
| Les Échelles | 30 | 610 | - |
| Mille Martyrs | 40 | 880 | 270 |
| Voiron | 56 | 290 | - |
| St-Gervais | 92 | 190 | - |
| Romeyère | 105 | 1070 | 880 |
| Le Violon | 109 | 820 | - |
| Prélétang | 116 | 1270 | 450 |
| Pont-en-Royans | 133 | 210 | - |
| St-Laurent | 138 | 310 | 100 |
| St-Jean | 143 | 250 | - |
| Gaudissart | 150 | 840 | 590 |
| L'Écharasson | 155 | 1150 | 310 |
| Les Autarets | 159 | 1020 | - |
| Carri | 165 | 1200 | 180 |
| La Cime-du-Mas | 170 | 900 | - |
| Chapelle-en-Vercors | 172 | 950 | 50 |
| total | 172 | 3310 |

Je ne sais pas quand et où je l'ai attrapé, mais après 4 étapes je l'avais: un
mauvais refroidissement! C'était clair: il fallait abandonner le but final de ce
tour, qui aurait été le Mont Ventoux. Au lieu de continuer vers le sud, je devais
me diriger vers un endroit d'où je puisse prendre un train pour rentrer en Suisse.
J'ai choisi d'aller vers Grenoble. Je respirais avec difficulté, mais mes jambes
travaillaient encore bien. Je suis d'abord descendu vers le ruisseau de la
Vernaison pour monter vers St-Julien puis
redescendre vers les gorges de la Bourne. (En face, je pouvais voir Rencurel et le
col de Romeyère où j'étais mois de 24 heures plus tôt.) Malgré ma mauvaise forme,
j'ai fait un petit détour par le col de la
Croix-Perrin pour rejoindre Lens.
Là, j'ai croisé la route de la vallée pour continuer vers
St-Nizier. Finalement, j'avais une
très longue descente jusqu'à Grenoble.
Je suis arrivé à la gare de Grenoble vers midi. Il n'y avait malheureusement pas
beaucoup de trains vers la Suisse. La 'meilleure' correspondance pour Genève ne
partait que vers trois heures et demie et il me faudrait changer deux fois de train.
La seconde fois, à Culoz, j'aurais même plus d'une heure à attendre. Je me suis
alors dis: 'ne pleure pas, ça pourrait être pire'. Je n'ai pas pleuré... et c'est
devenu pire: le train au départ de Culoz avait 30 minutes de retard, et même 40 en
arrivant à Genève. Il était alors 8 heures. Huit heures pour environ 150 km:
j'aurais été plus rapide à vélo! C'est le système ferroviaire français: soit on est
sur un axe partant ou arrivant à Paris, soit c'est un cauchemar. De Genève à
Neuchâtel, pas de problème, il y a un train chaque heure (mais pour prendre le vélo
dans le train coûte cher et il est même nécessaire de réserver la place du
vélo).
J'étais vraiment heureux en arrivant finalement à Lignières, où je pourrais me
soigner... et commencer à rêver d'un prochain tour... vers le Mont Ventoux???
| distance (km) | altitude (m) | dénivellation (m) | |
|---|---|---|---|
| Chapelle-en-Vercors | 0 | 950 | |
| Tourtre | 7 | 690 | - |
| St-Julien | 13 | 920 | 230 |
| Gorges de la Bourne | 20 | 720 | - |
| La Croix-Perrin | 34 | 1220 | 500 |
| Lans | 41 | 1000 | - |
| St-Nizier | 51 | 1180 | 180 |
| Grenoble | 71 | 220 | - |
| total | 71 | 910 |
PS / 22.7.2004